Six mois après sa présentation officielle à Lille le 23 février 2018 par le Premier ministre entouré de nombreux ministres, le Plan National de Prévention de la Radicalisation (PNPR)  est désormais sur de bons rails.  Ce  plan concerne vingt ministères, dont sept plus particulièrement, et compte soixante mesures à mettre en application et à coordonner. Un premier point d’étape permet de mettre en évidence l’engagement de toutes les mesures du plan : un tiers des mesures sont d’ores et déjà réalisées. Un suivi régulier de ce plan et de ses 60 mesures est réalisé par le SG CIPDR et au travers de réunions interministérielles tous les 2 mois sous l’égide du cabinet du Premier ministre . Alors que la menace terroriste plane toujours sur le pays, le gouvernement affiche ainsi sa détermination à prévenir la radicalisation.  

  • Pourquoi un nouveau plan ?
  • Comment ce plan a-t-il été élaboré ?
  • Quelles mesures ?

Pourquoi un nouveau plan ?

Au cours des années 2016 et 2017, la radicalisation a continué à s’affirmer en France à l’instar d’autres pays européens et au-delà, comme une menace durable pour la sécurité et la cohésion sociale du pays. Face à cette menace, une politique publique de prévention de la radicalisation, qui articule logiques sociale et de sécurité, a été construite à partir de 2014, avec le plan de lutte anti-terroriste (PLAT)  et le plan de lutte contre la radicalisation et le terrorisme (PART) de 2016. Ces deux plans, qui regroupaient à la fois des mesures pour contrer le terrorisme et la radicalisation,  ont développé la politique publique de prévention autour de la détection, la formation des agents de l’État et des citoyens, la prise en charge et l’accompagnement en milieux ouvert et fermé,  le développement de la recherche et le partenariat européen.
Depuis, la menace a évolué et est devenue plus endogène et plus diffuse. Cette reconfiguration de la menace à conduit le gouvernement à élaborer un nouveau plan, un  premier plan consacré exclusivement à la prévention de la radicalisation : le Plan national de prévention de la radicalisation « Prévenir pour protéger » présenté le 23 février 2018.

Comment ce plan a-t-il été élaboré ?

Ce plan est le fruit d’une large concertation menée par le secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) et a mobilisé 20 départements ministériels à partir du retour sur les dispositifs mis en place et expérimentations conduites. Pour établir ce plan, un bilan d’exécution des mesures inscrites dans le PART de 2016 et une identification des thèmes ou domaines à renforcer, à traiter dans le cadre du nouveau plan ont été réalisés. Il a été décidé d’agir le plus en amont possible au sein de l’école, sur internet, de s’intéresser à de nouveaux champs non véritablement traités dans le cadre des précédents plans comme l’entreprise ou l’enseignement supérieur et la recherche, et jusqu’à l’aval, pour assurer la continuité entre la prison et la sortie, et éviter ainsi des « sorties sèches ». Il s’agira également de renforcer les mesures prises notamment sur le plan de la professionnalisation et de l’encadrement des pratiques de prise en charge et d’intégrer de nouveaux sujets comme celui les mineurs de retour initiés en 2017 en dehors du PART de 2016.

Quelles mesures ? 5 grands axes, 60 mesures

Le PNPR  formule 60 mesures, pour réorienter la politique de prévention suivant 5 axes :

  1. Prémunir les esprits face à la radicalisation
  2. Compléter le maillage détection / prévention
  3. Comprendre et anticiper l’évolution de la radicalisation
  4. Professionnaliser les acteurs locaux et évaluer les pratiques
  5. Adapter le désengagement

Pour protéger la société, il faut continuer de lutter contre le terrorisme mais aussi prévenir efficacement la radicalisation. C’est le sens de ce plan « prévenir pour protéger ». Son succès repose sur la mobilisation et la coordination entre acteurs de l’État, collectivités territoriales et société civile, en tenant compte des retours d’expérience du terrain et des bonnes pratiques qui nous reviennent aussi de nos partenaires européens.

Retrouver le dossier de presse du plan.