Congrès de l’Association française de criminologie
Placé sous le patronage du SG-CIPDR et de l’Institut Robert-Badinter, le congrès de l’Association française de criminologie (AFC) réuni les 14 et 15 novembre a été l’occasion d’appeler à changer de paradigme dans le système pénal. Praticiens et chercheurs y ont discuté de la manière d’appuyer davantage les décisions judiciaires sur les données scientifiques.
Est-il possible d’améliorer la sécurité publique – comme jadis la santé publique – en fondant les pratiques professionnelles des acteurs du champ pénal sur la science ? Cette question a été placée au cœur des débats organisés par l’AFC dans une salle d’audience du tribunal judiciaire de Paris. Tenues sur deux jours, quatre tables rondes ont permis à des magistrats, officiers de gendarmerie, universitaires, psychologues et chercheurs d’échanger sur la place à faire aux « evidence based practices » (pratiques fondées sur des preuves) dans l’exercice quotidien de la justice.
Si la question concerne au premier chef les enquêtes conduites par la Police et la Gendarmerie, le champ de l’investigation n’épuise pas le sujet. Les intervenants ont ainsi souligné que des outils – éprouvés par des méthodes scientifiques – peuvent permettre d’évaluer plus finement le risque de récidive avant d’opérer un choix de poursuite ou décider du type de peine. D’autres ont expliqué comment ces mêmes méthodes peuvent préciser les besoins des victimes pour améliorer leur accompagnement.
En ouverture des débats, le SG-CIPDR a fait part des besoins en matière de recherche sur le phénomène de l’emprise au sens large, et en particulier sur les dérives sectaires, pas suffisamment investiguées au regard de leur ampleur et de leur évolution.
Le SG-CIPDR a également fait état des données scientifiques qu’il mobilise en matière de prévention de la radicalisation, notamment par sa forte implication à l’international et par sa participation au COSPAD au plan national pour mieux comprendre les différentes formes de radicalisation et dégager les réponses adéquates. Au plan local, les Cellules de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF) utilisent les ressources de la psychologie sociale pour analyser les trajectoires des jeunes radicalisés, le SG-CIPDR ayant lui-même procédé au suivi de cohortes de jeunes filles et garçons.
En matière de prévention de la délinquance, le SG-CIPDR s’attache également à promouvoir les savoirs. Courant 2026, il devrait mettre en ligne une « Académie de la prévention » dont l’un des principaux objectifs sera de partager les bonnes pratiques éprouvées sur le terrain ainsi que les recherches existantes. Il organise d’ores-et-déjà régulièrement des journées de sensibilisation à la prévention afin de jeter les bases d’une culture commune sur le sujet.
Former les professionnels aux connaissances scientifiques, quelle que soit leur place dans la chaine pénale, est bien un enjeu majeur. Dans les domaines qui sont les siens, le SG-CIPDR soutient dès aujourd’hui les démarches faites en ce sens.