Une politique publique volontariste et évolutive

 

Depuis 2014, l’État veille avec la plus grande attention à penser, déployer et suivre un ensemble de politiques publiques qui concourent à prévenir la radicalisation. Il réunit donc régulièrement le CIPDR afin d’arrêter sa stratégie de prévention de la radicalisation, laquelle se traduit par des plans d’action. Ils visent principalement à :

  • détecter et signaler, via notamment le numéro vert ( 0 800 005 696 ) du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR);
  • former pour permettre à tous les acteurs travaillant sur la prévention d’évaluer les situations et d’agir avec des moyens adaptés (27 000 personnes depuis 2014)  et sensibiliser le public pour prévenir les esprits contre la radicalisation;
  • prendre en charge les personnes radicalisées et accompagner les familles de ces personnes via les cellules préfectorales ( 6174 personnes et 2197 familles depuis 2014);
  • désengager les personnes radicalisés sous main de justice et réinsérer les mineurs de retour de zones de conflit irako-syrien.

 

Une réponse publique interministérielle avec des partenaires de terrain reconnus

La réponse publique en matière de prévention de la délinquance et de la radicalisation est construite selon une logique d’interministérialisation et de pluridisciplinarité croissante, avec la volonté d’associer le maximum de partenaires au niveau local :

  • Les préfectures qui jouent un rôle pivot et qui sont pourvues de 2 cellules opérationnelles : l’une, dans le cadre des états-majors de sécurité des préfets, chargée de l’évaluation et du suivi des situations de radicalisation ; l’autre de suivi, pluridisciplinaire prend en charge les personnes radicalisées ou en voie de radicalisation et leurs familles.
  • Les collectivités territoriales avec notamment les communes et les conseils départementaux, compétents sur la délinquance et l’aide sociale à l’enfance et de plus en plus sur la prévention de la radicalisation ; les associations d’élus
  • Les grands acteurs de droit commun, notamment : les directions académiques des services de l’éducation nationale ; les directions régionales de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ; les services pénitentiaires d’insertion et de probation, les représentants d’établissement pénitentiaires ; Pôle Emploi ; les missions locales ; les directions départementales de la Cohésion sociale ; les agences régionales de santé ; les caisses d’allocation familiales ; les Réseaux d’Écoute, d’appui et d’accompagnement des parents, etc.
  • Les grands réseaux associatifs présents sur l’ensemble du territoire, notamment : les Maisons des adolescents ; les Écoles des parents et des éducateurs ; les Points d’accueil écoute jeunes ; l’Union nationale des associations familiales ; les acteurs de la prévention spécialisée et le Comité national de liaison des acteurs de la prévention spécialisée ; la Fédération française de psychiatrie, etc.

 

Une réponse publique évolutive face à une menace désormais endogène

Au cours des dernières années, la radicalisation a continué à s’affirmer en France comme une menace durable pour la sécurité et la cohésion sociale de notre pays. Face à cette menace évolutive, qui est désormais endogène et diffuse, une politique publique de prévention de la radicalisation a été construite à partie de 2014.  Au fur et à mesure de ses plans, l’État précise, ajuste et densifie les axes de sa politique de prévention de la radicalisation, afin de permettre :

  • le développement de la prévention primaire par des apports de plus en plus nombreux et construits aux plus jeunes mais aussi à l’ensemble de la population. Ils s’attachent à tous les sujets qui favorisent le vivre ensemble et la cohésion sociale : promotion des valeurs républicaines, de la citoyenneté et de la laïcité, éducation aux médias, éveil et développement de l’esprit critique, valorisation de la culture du débat, déconstruction des théories du complot, campagnes d’information et de sensibilisation…
  • l’implication croissante des collectivités territoriales, des institutions, des associations, des représentants du monde musulman, des acteurs d’internet, des chercheurs et de la société civile en lien avec toutes les personnes concernées, potentiellement ou de façon avérée ;
  • la structuration, professionnalisation et développement de l’accompagnement des personnes radicalisées et de leur famille.

 

Le SG-CIPDR est chargé d’animer cette politique et de piloter sa concrétisation. Son travail est facilité  par sa dimension interministérielle (19 ministères sont parties prenantes) et sa capacité à mettre en réseau et mobiliser les acteurs.