Prendre en charge et accompagner

 

Toutes les personnes radicalisées ou en voie de l’être doivent être accompagnées afin d’enrayer le risque d’un passage à l’acte violent, dangereux tant pour elles-mêmes que pour l’ensemble de la société. Cette prise en charge vise le désengagement et non la « déradicalisation ». Il ne saurait, en effet, être question de « déprogrammer » les personnes mais bien plutôt de permettre leur (ré)inscription dans la société et par là même leur renoncement au recours à la violence.

Ce processus passe principalement par un travail sur les problématiques qui ont rendu possible l’engagement. Il s’agit donc d’accompagnements sociaux, éducatifs, médicaux et psychologiques, voire psychiatriques, qui prennent en compte la radicalisation. Ils peuvent venir compléter un suivi par un référent religieux, l’aide sociale à l’enfance, la protection judiciaire de la jeunesse ou un service d’insertion et de probation. Ils sont également proposés à la famille :  les famille  en ont aussi besoin  et les soutenir est essentiel pour que leurs interactions avec la personne concernée s’appuient sur le travail mené par les professionnel et le renforcent.

 

La proximité pour individualiser

La pertinence de la prise en charge d’une personne radicalisée réclame le diagnostic de ses besoins spécifiques puis la définition de réponses adaptées à leur apporter. Cette démarche est mise en œuvre par les CPRAF (cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles) en place dans chaque département. Ce niveau de décision et d’intervention facilite l’accompagnement des personnes et de leur famille car il permet d’agir au plus près des personnes concernées en s’appuyant sur les ressources de leur territoire de résidence, qu’elles soient spécialisées ou de droit commun, publiques ou associatives. Les CPRAF structurent et animent ce réseau d’intervention sur la base des conventions nouées entre la préfecture et les structures.

Elles réunissent régulièrement des professionnels du département représentant les différents domaines d’accompagnement possibles, sous l’égide du préfet, représentant l’État. Destinataires des éléments relatifs aux personnes radicalisées résidant sur le département, ils croisent leur regard pour évaluer les situations et arrêter les axes de travail à déployer par rapport à chacune d’elles.  Ils mobilisent ensuite les institutions publiques et les opérateurs associatifs à même d’offrir à chaque personne radicalisée la prise en charge individuelle, globale et pluridisciplinaire dont elle a besoin. La coordination des accompagnements et le suivi continu de leurs effets  par les CPRAF permet de les ajuster si nécessaire puis d’y mettre un terme quand ils ne sont plus utiles.

Depuis la mise en place du dispositif en 2014, les CPRAF ont accompagné 6 300 personnes (dont 5 000 jeunes de moins de 25 ans) et 2 300 familles.

Rappels sur le dispositif territorial de prévention de la radicalisation violente : les GED et les CPRAF (définition et présentation) 

 

Coordination et soutien par le SG-CIPDR

Instances récentes (mises en place en 2014) et responsables de prises en charge sensibles, les CPRAF ont besoin de soutien pour structurer, développer et affiner leur offre de prises en charge  mais également par rapport à certaines situations. Le SG-CIPDR s’est donc doté d’une cellule nationale de coordination et d’appui à l’action territoriale des préfets, des collectivités territoriales et des réseaux d’opérateurs associatifs. Sous la responsabilité d’une sous-préfète,  ses experts mis à disposition par les ministères de l’Éducation nationale, de la Justice et de la Solidarité et de la Santé sont en lien permanent avec les CPRAF. Ils leur apportent un soutien technique et les conseillent autant que de besoin.

La dimension nationale de cette cellule lui confère également un rôle de coordination de l’ensemble des CPRAF. Elle veille donc à la cohérence de l’action menée dans les différents départements et à leur bonne inscription dans la politique définie au niveau national tout en prenant en compte les spécificités territoriales. Cette démarche est facilitée par la connaissance fine qu’en ont les experts de la cellule et leurs capacités à orienter les acteurs locaux. Elle est également soutenue par la déclinaison territoriale des collaborations que la cellule développe au niveau national, notamment avec les têtes des grands réseaux associatifs (Maisons des adolescents, Écoles des parents et des éducateurs, Prévention spécialisée, Points d’accueil écoute jeunes, Missions locales, Fédération française de psychiatrie…)