La  priorité est d’éviter le basculement et l’enracinement des jeunes dans la délinquance, les adolescents et jeunes majeurs étant au cœur des enjeux de la politique de prévention de la délinquance.

Programme d’actions à l’intention des jeunes exposés à la délinquance

Ce programme s’inspire des initiatives locales et repose sur un  large partenariat qui mobilise des acteurs opérationnels aux compétences complémentaires.

Il s’inscrit dans une logique d’une part de prévention secondaire en direction des jeunes de 12 à 25 ans exposés à un premier passage à l’acte délinquant, d’autre part de prévention tertiaire c’est-à-dire de prévention de la récidive concernant ceux qui ont déjà fait l’objet d’une ou plusieurs condamnations. La mise en œuvre locale de ce programme s’appuie sur un diagnostic partagé et un chaînage des interventions contribuant à la détection des jeunes en situation de délinquance au suivi individualisé des publics cibles.

Identifier et enrayer les trajectoires délinquantes

Décrochage scolaire, participation à des groupes turbulents, dégradations, trafics… constituent des indicateurs de potentielles trajectoires problématiques. Il s’avère fondamental de pouvoir les détecter. Les questions de l’identification et de la prise de contact avec les jeunes sont essentielles. Ces jeunes en risque de délinquance sont souvent des jeunes sortis du système scolaire sans qualification et très éloignés de l’emploi, non suivis par un professionnel du secteur de l’insertion. Leur repérage relève de différentes institutions et des professionnels de  proximité de la prévention de la délinquance.  Dès lors, l’enjeu consiste à obtenir l’adhésion des jeunes concernés pour une inscription dans un parcours individualisé d’insertion. La mise en place d’un référent de parcours contribue à  développer des actions, un accompagnement et un suivi individualisés dont l’efficacité repose sur une forte implication des partenaires locaux.

Prévenir le premier passage à l’acte délinquant

Pour les jeunes au comportement particulièrement perturbateur n’ayant pas été condamnés, des actions ponctuelles peuvent être proposées. Le « parcours citoyen », notamment, se concrétise par un accompagnement individualisé au sein de différentes institutions locales. Les chantiers éducatifs permettent de confronter les jeunes au monde du travail en leur proposant en amont une expérience professionnelle encadrée par un éducateur référent, destinée à favoriser leur insertion.  Adaptée aux besoins, la prise en charge individualisée et globale est réalisée dans le cadre d’un dispositif approprié (structure de type pôle d’accueil préventif, espace de socialisation ou plateforme de réinsertion).

Prévenir la récidive

Une minorité de jeunes fait l’objet d’un  ancrage délinquant  de récidive. Il s’agit de mineurs et jeunes majeurs connus de l’autorité judiciaire, qui ont fait l’objet ou non d’un suivi dans le cadre d’une mesure  pénale. S’agissant des publics placés sous main de justice en milieu ouvert,  très souvent en grandes difficultés sur plusieurs plans (emploi, logement, santé, relations familiales et sociales, finances, etc.), leur identification est principalement assurée par les services de la PJJ pour les mineurs, et par les  services de probation et d’insertion de l’administration pénitentiaire (SPIP) pour les majeurs.

L’identification  doit permettre d’orienter ces jeunes vers les dispositifs de droit commun prévus et adaptés à leur situation.Les chantiers d’insertion, le développement des peines alternatives à l’incarcération, dont le travail d’intérêt général, voire la « justice restaurative » sont  proposés. S’y ajoutent : le dispositif TAPAJ (travail alternatif payé à la journée); des actions innovantes de préparation et d’accompagnement des sorties de prison  comme le dispositif des « conseillers référents justice » de mission locale ou l’action « réussir sa sortie » en place à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.

S’appuyer sur un partenariat de proximité renforcé

La mise en œuvre de ce programme d’actions s’inscrit dans un cadre partenarial qui associe tout particulièrement au niveau central l’Éducation nationale, les ministères en charge du Travail et  de la Santé et au niveau territorial le conseil départemental, le parquet, les services de justice (PJJ, SPIP) et les forces de sécurité intérieure.

A l’échelon local, ce partenariat repose sur une coopération étroite entre le maire, pilote de la politique de prévention de la délinquance, le Préfet, le procureur de la République

Au niveau opérationnel, l’instance de suivi correspond à un groupe de travail et d’échange d‘informations à vocation thématique consacré au programme d’actions à l’intention des jeunes exposés  à la délinquance, ou à un groupe spécialisé dans la prévention de la récidive.

L’objectif est de développer des actions de socialisation et de remobilisation dans le cadre de la construction de parcours d’insertion personnalisés, en lien avec les collectivités territoriales (communes, conseils départementaux, conseils régionaux), les intercommunalités et le service public de l’emploi dont Pôle Emploi et les Missions locales.