Session nationale de formation à la prévention de la radicalisation
Les 27 et 28 janvier 2026, le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) a organisé une session nationale de sensibilisation à la prévention de la radicalisation de niveau 1. Accueillie à l’amphithéâtre Lumière à Paris, cette formation a réuni près de 150 participants issus de 62 départements, dont une majorité d’acteurs territoriaux, services de l’État et partenaires associatifs.
En constante mutation, les phénomènes de radicalisation sont aujourd’hui marqués par la place croissante du numérique et l’implication de publics toujours plus jeunes. Dans son propos introductif, Patricia Mirallès, Secrétaire générale du SG-CIPDR a rappelé que « 70 % des personnes interpellées pour terrorisme dans des projets d’attentat depuis 2023 avaient moins de 21 ans et s’étaient radicalisés en ligne pour la plupart ». « Nous n’ignorons pas, a-t-elle insisté, l’influence des réseaux sociaux sur nos plus jeunes et leur lien avec les comportements radicaux ».
La session de formation a donc été conçue pour analyser ces évolutions et mieux appréhender les réponses publiques à mettre en œuvre au niveau national et territorial. « La politique de prévention de la radicalisation doit s’adapter à la mutation des menaces de tout ordre » a souligné Patricia Mirallès. Si l’État Islamique a été dissous, la menace est toujours présente ». Face à cette situation, il nous faut donc « poursuivre collectivement nos efforts et proposer à l‘ensemble des acteurs publics et des professionnels une offre de formation adaptée et actualisée au regard de ces nouveaux enjeux ».
La première journée a d’abord été l’occasion de revenir sur les fondements idéologiques et les évolutions géopolitiques de la mouvance djihadiste. Un bilan de l’activité des cellules départementales de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles (CPRAF), la présentation de 100 parcours individuels de radicalisation et une étude sur l’usage d’internet par la propagande de Daech ont précisé l’état des lieux. Le SG-CIPDR a rappelé quelles étaient ses missions et comment il mobilisait l’ensemble des acteurs ministériels concernés.
Ouverte par un tableau de la menace actuelle présenté par l’UCLAT-DGSI, la seconde journée a fait une large place à l’opérationnel et aux retours d’expérience. Après une table ronde consacrée aux facteurs de risque dans les processus de radicalisation, de fructueux échanges ont montré comment les CPRAF accompagnent les personnes radicalisées et apportent des réponses adaptées à leurs situations individuelles. L’équipe de soutien national auprès des CPRAF a expliqué notamment la méthodologie et les outils qu’elle mobilise pour prendre en charge les cas personnels et familiaux dits complexes.
Par la diversité des intervenants mobilisés et la richesse de leurs échanges, cette session a constitué un temps fort de réflexion collective. « Les mois à venir doivent nous permettre de structurer une réponse publique au plus près des territoires et de consolider les modes d’intervention et de prise en charge des publics en mobilisant l’approche socio-éducative, la médiation du fait religieux et l’accompagnement en santé mentale » avait annoncé la Secrétaire générale du SG-CIPDR dans son propos introductif. Cette session de formation, saluée par les participants lors de sa clôture, y aura utilement contribué.